The Butterfly [ca. 1812]


Introduction

This is a translation of "Le Papillon," found in volume 2 of Le Petit Savant de société--a "collection extracted from the manuscripts of M. Enfantin, and corrected and expanded by M. de Belair." The second edition may be dated to 1812 by a front endpaper. For more details, see the related translation of "The Impromptu Tale."

Translation

This game is very amusing when played with skill; when young people are gallant, they can address pleasant compliments to the ladies.

First, each of the ladies is given the name of a flower.

Then, each man is given the name of an insect; such as butterfly, midge, ant, wasp, even caterpillar.

Once names are given to each player, the game begins.

Let's suppose that he who performs as the butterfly says: Here is a very pretty garden, it looks like an earthly paradise; the most beautiful flowers ornament it. To which should I pay my respects?

An irresistible inclination draws me toward the pansy. If the young man who speaks has skill, he can, in order to deceive the person who bears the name of the flower he is naming, affect to look at another, which sometimes deceives them both; because if the one being looked at responds, they both give a pledge.

Then, to continue the game, the one called the pansy must speak immediately, and say:

"Delicate butterfly, I agree to let you caress me, but be careful not to give me any mortal sting, because then I would much rather receive a caterpillar" Or any other insect one wants to name. The player with this name immediately resumes:

"I would rather, if I was in a gallant mood, go caress the simple daisy."

The daisy responds: "Me, I was tormented all day by an ugly wasp who was intent on my doom."

The wasp: "I had no intention of hurting you, but I wanted to seize on a rose which was above you; and as I was very tired, I reposed upon you from time to time."

The rose: "You have bored me very much all day; I was barely open when you and the ant attached yourelves to me."

You can, as you see, prolong the game for a very long time, while observing, however, 1°. that the player who does not answer gives a pledge; 2°. whoever names a flower or an insect, which is not numbered among the players, gives a pledge; 3°. that if a man clears himself of the accusation made against him, by naming another insect-man, he gives a pledge; just as if a flower mentions in defense of herself the name of another flower and not of an insect, she also gives a pledge.

You can name the butterfly whenever you want. When during their discourse someone calls the gardener, all the flowers stretch out their hands, as if to ask for water, and all the insects make a gesture of running away, as if frightened by the gardener.

When, by contrast, someone names the watering can all the flowers rise, as if they were revived by the water, and the insects put a knee on the ground, to show that this water grounds them, and everyone remains in this posture until someone names a flower or an insect.

When the sun is called, the players all stand up.

We see that these three words the gardener, the watering can, and the sun contribute to the variety of the game, and give a large number of pledges, because all persons who fail to make the agreed gestures give a pledge.

Original Text

Le Papillon

Ce jeu est très-amusant, quand on le joue avec adresse ; lorsque les jeunes gens sont galans, ils peuvent adresser d'agréables complimens aux dames.

On donne d'abord à chacune des dames le nom d'une fleur.

Ensuite, on donne à chaque homme le nom d'un insecte ; tel que papillon, moucheron, fourmi, guêpe, chenille même.

Lorsque les noms sont donnés à chaque joueur, le jeu commence.

Supposons que celui qui fait le papillon dise : Voici un très-joli jardin, il ressemble au paradis terrestre ; les plus belles fleurs en font, l'ornement. A laquelle faut-il porter mon hommage ?

Un penchant irrésistible m'entraîne vers la pensée. Si le jeune homme qui parle a de l'adresse, il peut, pour tromper la personne qui porte le nom de la fleur qu'il nomme, affecter d'en regarder une autre, ce que les abuse quelquefois toutes deux ; car si celle qui est regardée répond, elles donnent toutes les deux un gage.

Ensuite, pour continuer le jeu, celle qui s'appelle la pensée doit prendre aussitôt la parole, et dire :

« Léger papillon, je consens à te laisser me caresser, mais garde-toi de ma faire quelque piqure mortelle, car alors j'aimerais bien mieux recevoir une chenille » Ou tel autre insecte que l'on veut nommer. Le joueur qui porte ce nom reprend aussitôt :

« J'aimerois mieux, si j'étois en humeur galante, aller caresser la simple marguerite. »

La marguerite répond : « Moi, j'ai été tourmentée toute la journée par une vilaine guêpe qui étoit comme acharnée à ma perte »

La guêpe : « Je n'avois point l'intention de vous faire de mal, mais je voulois attraper une rose qui étoit au-dessus de vous ; et comme j'étois très-fatiguée, je me reposois sur vous de temps en temps ».

La rose : « Vous m'avez bien ennuyé toute la journée ; j'étois à peine éclose, que vous et la fourmi vous êtes attachées après moi ».

On peut, comme on le voit, prolonger le jeu très-long-temps, en observant cependant, 1°. que le joueur qui ne répond pas donne un gage ; 2°. que celui qui nommeroit une fleur ou un insecte, qui ne seroient pas dans le nombre des joueurs ou joueuses, donne un gage ; 3°. que si un homme se disculpe de l'accusation formée contre lui, en nommant un autre homme insecte, il donne un gage ; de même que si une fleur cite en se défendant le nom d'une autre fleur et non d'un insecte, elle donne aussi un gage.

On peut nommer le papillon quand on veut. Lorsque quelqu'un nomme dans son discours le jardinier, toutes les fleurs tendent la main, comme pour demander de l'eau, et tous les insectes font le geste de s'enfuir, comme effrayés par le jardinier.

Quand, au contraire, quelqu'un nomme l'arrosoir toutes les fleurs se lèvent, comme si elles étaient ranimées par l'eau, et les insectes mettent un genou en terre, pour montrer que cette eau les terrasse, et tous restent dans cette posture jusqu'à ce que quelqu'un ait nommé une fleur ou un insecte.

Lorsqu'on nomme le soleil, les joueurs et les joueuse se lèvent tous.

On voit que ces trois mots le jardinier, l'arrosoir, et le soleil concourent à la variété du jeu, et font donner un grand nombre de gages, car toutes les personnes qui manquent à faire les gestes convenus donnent un gage.


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